Big Brother contre les femmes

Suite à la catastrophique abrogation du jugement Roe v. Wade mettant un terme à 40 ans de progrès aux Etats-Unis qui aura permis aux femmes de disposer de leur corps par l’accès à l’avortement, une véritable « chasse aux sorcières » pourrait s’installer durablement en se reposant sur l’analyse des données. Les données de géolocalisation, d’achat de ticket de transports, ou plus simplement de recherches sur des moteurs de recherche. Et si l’Etat renonce à mettre les moyens d’une telle surveillance, les groupuscules radicaux prêts à se mobiliser s’en frottent certainement les mains. J’ai été interviewé sur le sujet dans le Temps du 27 juin 2022 (pdf) pour résumer cette situation inédite dans l’histoire: une loi injuste à laquelle il deviendra peut-être impossible d’échapper en raison des avancées des technologies du numérique.

La fatigue des codes d’accès

A l’occasion de l’ouverture de mon blog au journal Le Temps consacré aux technologies du numérique, j’y publie mon premier article, intitulé « nos sociétés de contrôle et la fatigue des codes d’accès« , qui traite de la fatigue, pour ne pas dire de l’énèrvement, que nous ressentons toutes et tous à passer nos journées à taper, retaper et re-retaper des codes d’accès et des mots de passes sur nos différents appareils. Au delà du constat, je reviens sur un article fascinant du philosophe Gilles Deleuze qui annonçait en 1990 déjà l’avènement d’une société du contrôle continu, qui fonctionne précisément en attribuant ou en refusant des accès par l’intermédiaire de chiffres et de mots de passes. L’article se termine sur plusieurs interrogations : comment se soulager de ce fardeau, certes, mais surtout comment assurer une critique d’un système de contrôle continu qui met en danger l’égalité des conditions et les libertés individuelles chères à nos démocraties libérales?

L’adoption de SwissCovid

A l’occasion du journal télévisé de la chaîne Suisse romande La télé, j’ai eu l’occasion de présenter un premier chiffre issu de l’enquête que nous avons mené au sein du Swiss Digital Institute sur l’adoption de l’application SwissCovid par la population suisse. Seulement 5% des 180 répondants de note enquête, situés exclusivement en Suisse romande, ont annoncé vouloir l’installer.

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Surveillance sous coronavirus

Publication dans le journal Le Temps du vendredi 17 avril de l’article que j’ai coécrit avec Mikhaël Salamin, juriste consultant en droit sur la protection des données, qui remet en question le principe de consentement libre et éclairé, durement malmené par les technologies de surveillance développées pour surveiller la progression de la pandemie du coronavirus.

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Data, Power and Loyalty Cards

The video about my research on loyalty cards is now available with subtitles in English on the WebTV of the University of Geneva.

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In a context where we use information technologies in our everyday life, which produce digitalised information about our activities and our tastes, do we still have control over our privacy? When facing this uncomfortable issue, most people argue that they “have nothing to hide”. They rather focus on what they can get in return for their personal data. Yet, these data they most often seen as trivial can potentially be turned by data mining algorithms to sensitive data that potentially give considerable power to those gathering them. In its PhD, Sami Coll analysed the complex link arising between information and power through the case study of the loyalty cards of the four main major mass retail companies in Switzerland.

Le quantified self: récompenser et punir

Le « quantified self » désigne la mesure dʹactivités corporelles, telles que le nombre de pas effectués et certaines fonctions de lʹorganisme. Dʹabord destiné à l’optimisation des pratiques sportives, les outils se sont répandus et peuvent à présent donner des indications sur lʹétat de santé ou les éventuels risques de maladie. Quʹest-ce que cette tendance révèle de notre manière dʹappréhender notre corps et notre santé ? Quels sont les dangers inhérents au traitement dʹinformations touchant à la santé ? Ce sont les questions que j’ai pu aborder lors de mon interview à l’émission Tribu de la RTS Première.

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Surveiller et résister

Publication d’un article basé sur un chapitre de ma thèse, écrit en collaboration avec Francesca Poglia Mileti, spécialiste de la sociologie du travail, et édité dans l’ouvrage collectif Les pratiques transformatrices des espaces socionumériques (Presses Universitaires du Québec). Il traite de la façon dont les dispositifs de contrôle, supposément construits par le haut, reposent en fait largement sur des stratégies de pouvoir et des micro-mécanismes interactionnels entre les entreprises, les employés et les individus qui participent à la fabrication de leur propre transparence. Mais s’ils créent ainsi la possibilité de se faire surveiller, ils créent aussi des mécanismes de résistance spontanés. L’article suggère en conclusion qu’il serait intéressant d’examiner des possibilités de résistance contre la surveillance issues de ces interactions plutôt que de se reposer uniquement sur des lois explicites ou des principes de sensibilisation.

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Pancarte d’une grande enseigne canadienne affichée aux caisses incitant les clients à signaler les caissières qui ne demandent pas spontanément de présenter leur carte. On leur promet 1000 points de bonus.

Peut-on espionner des journalistes?

On apprend début novembre, au Québec, que trois journalistes réputés ont été mis sous surveillance par les services secrets québécois, Sureté Québec. Scandale assuré. L’occasion de reparler de la problématique de la surveillance de masse opérée par les gouvernements à des fins de sureté. On pense évidemment à la lutte contre le terrorisme mais aussi à l’affaire Snowden. Alors, cette vie privée? Où la mettre? Tout est-il permis? Doit-on renoncer même à la liberté d’expression de la presse? Entretien de votre serviteur sur le sujet sur Radio Canada.

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Being publicly intimate

Have teenagers lost their privacy on Internet? Is it our duty, as adults, to teach them how to use social networks? The answer is no. In the new article co-written by my colleague Claire Balleys and myself, which has just been accepted for publication in the journal Media, Culture & Society, we show that the model of a « virgin » privacy that should be protected against others’ curiosity is no longer relevant in the context of social networks. Rather, teenagers make a better use of social networks that help themselves in the building of their own intimacy and to value it as much as possible amongst peers.

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– My mother published pictures of herself when she was 15 on Facebook!
– Luckily, she didn’t publish your address!

Qu’est-ce que font les adolescents de leur vie privée? L’étalent-ils systématiquement et naïvement sur Internet pendant que nous, les adultes, nous devrions leur apprendre la tempérance? Dans le nouvel article co-écrit avec ma collègue Claire Balleys qui vient d’être acceptée pour publication par la revue Media, Culture & Society, nous démontrons que le modèle qui oppose une sacro-sainte vie intime déconnectée au voyeurisme des autres une fois qu’elle se connecte n’a aujourd’hui guère plus de sens. Au contraire, nous pouvons constater que les plateformes de réseaux sociaux sont désormais des outils que les adolescents utilisent pour se fabriquer une vie privée autonome et la mettre en valeur.

A qui profite la fidélité?

La RTS consacre la semaine à la problématique du big data et de la protection de la vie privée. A cette occasion, j’ai été invité à l’émission On en parle ce matin pour réagir aux entretiens menés par l’équipe rédactionnelle avec les responsables des programmes de fidélité des deux géants du duopole de la grande distribution en Suisse, Coop et Migros.

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La santé « M-Cumulus »

Suite au rachat d’un large réseau de services de santé par Migros, l’une des entreprises qui forment le duopole de la grande distribution en Suisse, je m’inquiète dans mon nouvel article de blog du journal Bilan des conséquences éthiques que cela pourrait avoir. Le principe de solidarité de l’assurance maladie va-t-il être mis à mal par la constitution d’un réseau qui récompensera celles et ceux qui font davantage attention à leur alimentation et qui pratiquent une activité physique dans des centres également détenus par le géant orange? Analyse.

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Discipline and reward

The Geschichte und Gesellschaft journal has just published a special issue on surveillance studies where I wrote an article presenting a little history of loyalty cards, corporates that manage them and a theoretical discussion about how to shed light on this contemporary form of surveillance.

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Le dernier numéro de la revue Geschichte und Gesellschaft est consacré à la thématique de la surveillance. J’y développe dans mon article « Discipline and Reward: The Surveillance of Consumers through Loyalty Cards » une petite histoire des cartes de fidélités en Suisse, des principales enseignes qui les proposent, ainsi qu’une discussion théorique sur la façon d’appréhender cette forme contemporaine de surveillance.

Droit & Société

La revue Droit & Société vient de publier une recension critique de mon livre Surveiller & Récompenser. Les cartes de fidélité qui nous gouvernent (Editions Seismo, 2015), rédigée par Isabelle Dubois, ex-préposée cantonale à la protection des données du canton de Genève et juriste au cabinet de conseil Ad Hoc Résolution.

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Une vie privée économico-policière?

En découvrant l’excellent article de Mehdi Atmadi dans le quotidien Le Temps du jour, je ne pensais pas avoir autant raison lorsque je rédigais mon article « La vie privée comme outil de gouvernance » publié en 2014 dans Les cahiers du numérique. Le nouveau préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, choisi dans la plus grande opacité, est l’ancien vice-directeur de la police fédérale suisse. L’UDC (parti d’extrême-droite suisse xénophobe et ultralibéral) annonce qu’il aurait préféré avoir un fonctionnaire proche des milieux économiques. On ne peut pas mieux comme démonstration de l’instrumentalisation de la vie privée des citoyens à des fins politiques et économiques.

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I was unaware I was actually so accurate when I wrote my article « Knowledge, power, and the subjects of privacy: Understanding privacy as the ally of surveillance », published in 2014 in the Information, Communication & Society journal. The new privacy commissioner of Switzerland is the former vice-director of the Swiss Federal Police. He was chosen in total secret. The extreme right-wing party of Switzerland, both xenophobic and ultra-liberal, says that they would have preferred someone closer to the economic circles. A very explicit example of how privacy is now exploited to serve politic and economic interests rather than protecting values like freedom and common good.

En danger, la vie privée des ados?

Dans son dernier numéro de 2015, La revue Recherches en sciences sociales sur Internet vient de publier « La mise en scène de la vie privée en ligne par les adolescents », un article coproduit par Claire Balleys et moi-même, et qui traite de la sociabilité des jeunes sur les sites de réseaux sociaux.

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Alors que la majorité des adultes continuent à penser que les adolescents ne prennent pas soin de leur vie privée numérique, nous démontrons le contraire sur la base d’un travail empirique approfondi. En réalité, la gestion de la vie privée occupe une place primordiale dans le processus d’affirmation de leur identité, notamment par la nécessité de montrer qu’ils ont une vie privée, sans pour autant la dévoiler complètement.

Comment les entreprises utilisent nos données

Le journal Le Temps du 28 décembre 2015 consacre un dossier sur la façon dont les entreprises suisses utilisent nos données personnelles, récoltées par le biais de nos assureurs, de nos banques, dans le domaine de la santé, du commerce et de la télécommunication. Je m’y exprime sur le cas des cartes de fidélité, mon sujet de thèse défendu en 2010 et qui est à l’origine de mon livre Surveiller et Récompenser: Les cartes de fidélité qui nous gouvernent (Ed. Seismo, 2015).

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Pas si secrètes mes données

Je présenterai et dédicacerai mon livre à l’occasion de la conférence d’ouverture et cryptoparty de l’association Aticom. Il faut s’attendre à cet évènement à un gros désenchantement sur la sécurité informatiques des données personnelles et à quelques surprises décapantes! Ayant lieu au berceau de l’ethical hacking à Genève, c’est un évènement libre d’entrée à ne pas louper.

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Tweetez le pipi de bébé!

Il a été retiré de Youtube, alors je me dois d’héberger sur mon blog cette publicité de Huggies qui vend au Brésil, et au Brésil uniquement, un objet connecté, TweetPee, qui envoie aux heureux parents un Tweet lorsque la couche de bébé est mouillée. Il interagit avec une application qui permet une gestion quasi professionnel du stock de couches. Un bel et amusant exemple de ce qui nous attend avec l’Internet des objets.

It has been removed from Youtube. So I must host it in my blog. This is a commercial for TweetPee, a device developped by Huggies to promote their Internet of Things vision of baby pee. It comes along with an app that enable parents to manage diapers and pee like professionals.

Big data et protection des données

Le 29 mai 2015, j’ai ouvert avec ma présentation intitulée « Big Data, Big Problems? » la série d’interventions de la huitième journée suisse du droit de la protection des données, organisée par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) et l’Institut de droit européen de l’Université de Fribourg, en présentant les enjeux sociaux et politiques du big data.

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Cartes de fidélité… On en redemande!

Qui nʹa pas sa carte Cumulus et sa Supercard, ces très fameux dispositifs de fidélisation de la grande distribution? Même s’il n’y a pas de « complot » à la big brother, il s’agit bien d’un système de surveillance. Alors quels efforts fournissent les grandes entreprises pour mieux nous connaître et nous surveiller? Comment utilisent-ils les données récoltées? Peut-on encore défendre notre sphère privée? Écoutez l’émission Tribu sur RTS La Première du 16 février 2015 pour avoir quelques réponses.

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Les nouvelles normes de la transparence

Récemment, un magazine divulguait le nom d’un journaliste impliqué dans une affaire de mœurs, justifiant que son hyperactivité sur les réseaux sociaux faisait de lui une personnalité publique. La société numérique détruit-elle les frontières public/privé? Voir mon analyse et celle du juriste Nicolas Capt, spécialiste de la sécurité des nouvelles technologies, dans le journal Le Temps du 13 février 2015.

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Les carottes et les capotes du supermarché

En additionnant carottes et capotes à la caisse du supermarché, on peut tout savoir sur nous. Mais pour quoi faire? Nous récompenser? Nous surveiller? Le mercredi 9 février, je suis l’invité de l’émission Babylone sur la chaîne Espace 2 de la RTS pour ouvrir le débat sur la question, entre vertige et émerveillement.

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Les cartes de fidélité, une nouvelle forme de surveillance?

Interview sur Espace 2, le 14 janvier 2015. J’y suggère que les cartes de fidélités peuvent être abordées comme un système de surveillance qui dépasse les frontières de la consommation, et que la notion de « sphère privée », en tant qu’instrument privilégié pour assurer la protection des individus, est problématique.

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Surveiller et récompenser

Le livre « Surveiller et récompenser. Les cartes de fidélité qui nous gouvernent » (Editions Seismo) arrive dans les rayons. Il est l’adaptation mise à jour de ma thèse de doctorat, une recherche pionnière sur le Big Data se saisissant du cas des cartes de fidélité.

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Vous pouvez le commander le livre auprès des éditions Seismo (39 francs). Voir le compte rendu critique dans la revue Lectures.

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Le biopouvoir de la consommation

Sortie de mon article « Consommation sous surveillance : Le biopouvoir des programmes de fidélisation » dans la Revue Suisse de Sociologie. Il propose de comprendre la surveillance opérée par les programmes de fidélité de la grande distribution comme l’expression d’un biopouvoir orienté sur la consommation. Il relève les problèmes éthiques soulevés si ces données venaient à être exploitées par des assurances, comme cela a déjà été envisagé aux Etats-Unis par le biais du programme Foodflex.

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La vie privée comme gouvernance

Sortie de mon article qui développe théoriquement et empiriquement l’idée que la notion de privée n’est pas à comprendre seulement comme une protection face à la surveillance, mais également comme un outil de gouvernance au service de la surveillance.

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My last article is now available. Based on a Foucaldian theoretical background and an empirical research, it argues that privacy should be seen not only as preventing surveillance practices from going too far, but also as a a tool of governance that makes it a valuable »partner-in-law » of surveillance.

Reportage WebTV

La Faculté des Sciences Économiques et Sociales de l’Université de Genève a réalisé un reportage vidéo sur ma thèse de doctorat intitulé « Qu’est-ce que la sphère privée dans un monde numérique? ». J’y développe mes questions de recherche et explique la méthodologique mise en œuvre pour y répondre.

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La vie privée et le secret

Sortie de mon article dans l’International Review of Information Ethics qui propose de penser la vie privée en faisant usage des travaux de Georg Simmel sur le secret. Publiés en 1908, ils s’avèrent être d’une redoutable modernité pour analyser la vie privée dans le monde numérique en tant qu’une dynamique interactionnelle qui se renégocie à chaque relation sociale.

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My new article on privacy is out in the Information Review of Informational Ethics. It builds on the Simmel’s work on secrecy (1908) to build a interactionnal theory and approch on informational privacy.

Tard pour bar

Le 22 janvier 2009, j’ai été invité à l’émission Tard pour bar de la RTS1 pour débattre avec Stéphane Koch et Jérôme Jacquin de la problématique de la vie privée et autres enjeux sociaux soulevés par la montée de Facebook, à l’occasion de la sortie du film Luftbusiness, de la réalisatrice Dominique de Rivaz, également présente.