Surveillance sous coronavirus

Publication dans le journal Le Temps du vendredi 17 avril de l’article que j’ai coécrit avec Mikhaël Salamin, juriste consultant en droit sur la protection des données, qui remet en question le principe de consentement libre et éclairé, durement malmené par les technologies de surveillance développées pour surveiller la progression de la pandemie du coronavirus.

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Cash will be back!

Donnant suite à la double interview que j’ai donnée avec M. Thierry Lebeaux, le secrétaire général de la European Security Transport Association (ESTA), le magazine  économique Bilan publie un article critique face à la volonté des banques privées faîtières des systèmes de paiement sans cash de diaboliser le cash en tirant profit de la crise sanitaire du coronavirus pour servir leur propres intérêts financiers et politiques, à moyen et long terme. Nous y défendons l’idée que l’anonymat intrinséquement lié à sa nature permet au cash de préserver des libertés individuelles et d’entreprendre qui serait anéanties si nous rentrions dans le cauchemar de surveillance vers laquelle une cashless society nous amènerait inévitablement.

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Les mots des choses artificielles

Les entreprises de vente en ligne ont complètement intégré le marketing relationnel. Les algorithmes de recommandation, aujourd’hui enrichis par le machine learning, sont au cœur de leur design économique. Il en va autrement des commerces qui ont encore pignon sur rue. Même si pour les plus grands, les systèmes de cartes de fidélité permettent de récolter des données sur les achats des clients et de proposer des produits associés, par le biais de bons de réduction envoyés par email, par courrier ordinaire ou s’affichant lors du passage en caisse, beaucoup reste potentiellement à faire. Et pour les plus petits commerces, le client demeure encore passablement opaque.

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Toutefois, avec la démocratisation du Big Data, de l’intelligence artificielle et sans doute bientôt grâce à la 5G de l’internet des objets ─ des objets réels ou artificiels devenus bavards en mots numériques ─ va-t-on assister à l’invasion de notre quotidien par un réseau d’objets « intelligents » qui n’auront de cesse de vouloir capter notre attention pour nous pousser à la consommation ? La présentation « Les mots des choses artificielles : vers une invasion de l’intelligence ? », que je donnerai  à l’occasion de la Journée d’Etude IA et SHS organisée par la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est le 27 avril 2020, a pour objectif de dresser un bilan des applications déjà existantes, des futurs développements à venir ainsi que des horizons d’attente des différents acteurs économiques.

Data, Power and Loyalty Cards

The video about my research on loyalty cards is now available with subtitles in English on the WebTV of the University of Geneva.

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In a context where we use information technologies in our everyday life, which produce digitalised information about our activities and our tastes, do we still have control over our privacy? When facing this uncomfortable issue, most people argue that they “have nothing to hide”. They rather focus on what they can get in return for their personal data. Yet, these data they most often seen as trivial can potentially be turned by data mining algorithms to sensitive data that potentially give considerable power to those gathering them. In its PhD, Sami Coll analysed the complex link arising between information and power through the case study of the loyalty cards of the four main major mass retail companies in Switzerland.

Who owns privacy ?

A l’ère du tout digital, la protection de la vie privée est un sujet délicat et brûlant. Force est de constater que les lois actuelles, y compris la récente RGPD de l’Union Européenne, sont insuffisantes pour garantir une protection de la personne face, notamment, aux géants de l’Internet. Cela est dû notamment au fait que la définition des contours de la vie privée est devenue un enjeu politique et économique. On cherche à protéger la vie privée, certes, mais sans entraver l’innovation numérique. Dans un précédent article, j’arguais que la vie privée devenait même un outil de contrôle au service de la surveillance plutôt qu’un outil de protection. Ce sont ces aspects que je vais présenter en tant qu’invité d’honneur (keynote speaker) à la conférence The politics of privacy à l’Université Johannes Gutenberg de Mayence, qui aura lieu en décembre 2019, le jour de la Saint-Nicolas. Voir le programme.

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In the digital era, privacy is a growing subject of concern. Unfortunately, current privacy protection laws, including the GDPR of the EU, fail to protect privacy well enough, especially when it comes to the GAFAs. This is because the very definition of privacy has become a economic and politic subject of struggle. We look to protect privacy, while preventing it to limit digital innovation. In a former article, I argued that privacy even became a tool of governance rather than a tool of protection. That is what I am going to discuss as the keynote speaker for the Politics of privacy conference that takes place at the Johannes Gutenberg University in Mainz, Germany, in December, during the Saint-Niklas celebration. Here you can download the programme.